Une vie,


le premier CD des Forces Majeures

 

 

LE PROJET

 
 

Tout commence par une histoire d’amitié. Karine Deshayes s’est liée depuis une dizaine d’années à Raphaël Merlin et Martin Kubich. Quand ces deux derniers décident de créer un orchestre de chambristes, ils font logiquement appel à la mezzo-soprano française pour l’un des premiers concerts des Forces Majeures. A la suite d’une soirée mémorable consacrée à Mozart et Rossini, et au détour d’une conversation, le journaliste Jean-Michel Dhuez propose d’enregistrer un disque d’airs d’opéras. Le choix se porte évidemment sur la musique de Gioachino Rossini, compositeur de prédilection de Karine Deshayes. Dans l’ivresse de cette conversation animée, chacun accepte et se donne rendez-vous très vite afin de rechercher une maison de disques. Trois mois plus tard, le label APARTE accepte de co-produire le disque et de le distribuer par l’intermédiaire d’Harmonia Mundi. Le projet «Une vie de Rossini» est né. Il ne reste plus qu’à l’enregistrer. La Ferme de Villefavard, lieu de rencontres artistiques dotée d’un auditorium de trois-cents places à l’acoustique exceptionnelle et épicentre des projets des Forces Majeures -son siège social y est situé -accueille la quarantaine d’artistes, ingénieurs du son, photographe, vidéaste, coach italien qui constituent l’équipe du disque. Sous la houlette de deux professionnels reconnus -le directeur artistique Étienne Collard et l’ingénieur son Maximilien Ciup -les micros enregistrent les premiers sons le dimanche 21 juin 2015, jour de la fête de la musique. Les séances se succèdent jusqu’à la dernière prise le vendredi 26 juin. Sept heures plus tard, Karine Deshayes, Raphaël Merlin et les Forces Majeures se produisent dans la même salle pour un récital marathon reprenant la quasi-totalité des airs et pièces orchestrales enregistrées. En pleine forme, Karine Deshayes offre généreusement aux chanceux spectateurs deux bis. Toute l’équipe se retrouve à la Cathédrale des Invalides à Paris le 19 novembre 2015 pour un concert organisé par le CIC et diffusé par Radio Classique. Le Disque sortira le 29 avril 2016. Il retrace de manière non chronologique les moments marquants de vie du compositeur qu’était Rossini. Des chefs-d’œuvre de ses jeunes années -Rossini compose la majeure partie de ses célèbres opéras entre 20 et 37 ans -à ses œuvres plus tardives, c’est une vie de Rossini à laquelle ce programme convie. La rédaction du livret est confiée au journaliste radiophonique Jean-Michel Dhuez (ancien présentateur de la matinale de France Musique). Il interviewera entre autres les protagonistes Karine Deshayes et Raphaël Merlin, ainsi que l’un des meilleurs spécialistes de Rossini, Jean-Philippe Thiellay (Directeur-adjoint de l’Opéra National de Paris).

 
 

VIE DE ROSSINI

 
 

Musicien prodige, Gioachino Rossini révolutionna l’art lyrique avec ses quelque quarante opéras composés entre 1810 et 1829. Personnalité facétieuse, amoureux des plaisirs de la vie, loin des clichés du musicien romantique, il quitta la scène à trente-sept ans, nourri de sa gloire, pour ne plus écrire que pour un cercle restreint au fil de ses voyages et dans son salon à Passy où il meurt un vendredi 13, en 1868. Né le 29 février 1792, Rossini est le fils d’un pauvre musicien, fervent républicain, qui tient les parties de trompette ou de cor dans de petits orchestres impromptus réunis pour l’opéra de la foire. Sa mère, blanchisseuse, se laissa tenter par la scène et le jeune garçon dut très tôt faire ses premières notes pour arrondir les fins de mois. Élevé au hasard des tournées de ses pa-rents et sans avoir reçu une éducation musicale approfondie, il commença à écrire à l’âge de douze ans. Inscrit au lycée musical de Bologne de 1804 à 1810, il gagna sa vie comme chanteur, répétiteur et accompagnateur de théâtre révélant des dons pour la composition. En 1810, son opéra La Cambiale di matrimonio créé au théâtre San-Mosè de Venise, lui ouvrit les portes des meilleurs théâtres du Nord de l’Italie. À vingt et un ans, Rossini connaît la gloire. Il est très bien payé, adulé et bientôt nommé directeur musical du théâtre San Carlo de Naples. Il mène une activité incessante de compositeur, impresario, chef d’orchestre, renouvelle le genre sérieux comme dans Otello(Naples, 1816), et léger avec Il Barbiere di Siviglia (Le Barbier de Séville –Rome, 1816) ou La Cenerentola (Cendrillon –Rome, 1817). En 1819, à Naples, il signe l’acte de naissance de l’opéra romantique puisant chez Walter Scott l’inspiration de La Donna de lago (La Dame du lac).Lassé des critiques apportées à ses innovations, Rossini quitta Naples pour Vienne, où il déchaî-na l’enthousiasme du public. En 1823, il écrit sa dernière œuvre pour l’Italie, Semiramide(Venise), avant de se rendre à Londres, puis Paris sur l’invitation de Charles X. Il y devient direc-teur du Théâtre-Italien, remanie des œuvres anciennes en tenant compte des impératifs du style parisien et crée le prototype du grand opéra à la française dont il sera l’inspirateur.La révolution de 1830 mit implicitement fin à son contrat. Rossini n’a que trente-sept ans. Il a at-teint une position exceptionnelle dans le monde de l’opéra et décide de poser sa plume. Bien des raisons ont été invoquées pour expliquer son silence, il faut sans doute y voir le signe de l’épui-sement physique et moral. Pendant vingt-cinq ans, il mènera une existence de bohème, errant d’une ville à l’autre, voyant triompher de nouveaux noms. Parfois l’envie d’écrire le prend: Giovanna d’Arco(1832), Nizza(1836), L’Âme délaissée(1844)… En 1855, il se fixe à nouveau à Paris où son salon devient un des cercles musicaux des plus amusants. Il laissera le souvenir d’un épicurien, connaisseur en bons vins et amateur de bonne chère. Il avait sa table attitrée dans plusieurs grands restaurants de la capitale. C’est lui, paraît-il, qui aurait inspiré au chef du Café anglais le célèbre «tournedos Rossini» (au foie gras).
 
 

UN FINANCEMENT PARTICIPATIF

 
 

Pour leur création, les Forces Majeures, par l’intermédiaire de l’association du Festival du Haut Limousin, se sont lancées en avril 2014 dans une campagne de mécénat participatif à travers la plateforme Ulule. L’objectif, atteindre 13 000 € et permettre au Festival d’accueillir deux concerts de la formation. Les donateurs sont au rendez-vous et contribuent à l’éclosion d’une nouvelle phalange dans le paysage symphonique.Un an plus tard, l’association des Forces Majeures voit le jour dans le Limousin, et trouve domicile à la Ferme de Villefavard en Limousin, son lieu principal de résidence. L’association, en quête de financement pour son projet de disque Rossini, décide de faire à nouveau appel à la générosité des particuliers. Sur les presque 80 000 € de budget (somme conséquente pour une association aussi récente), les Forces Majeures se fixent comme objectif de trouver 30 000 € rien qu’auprès des particuliers. Après une recherche comparative, le site helloasso.com est retenu en raison de plusieurs facteurs déterminants :Le site ne prend aucune commission, contrairement à Ulule qui émargeait à 8 % de la somme récoltée. Helloasso, comme son nom l’indique offre un portail unique aux associations, en proposant toute une gamme de service tels les dons, les adhésions, etc.Il permet aux contributeurs de télécharger directement leur reçu fiscal. Cette manière audacieuse de solliciter les amis et mélomanes permet d’impliquer tout un chacun -qu’il donne 10 € ou 1000 € -autour du projet de disque. Le 15 juin 2015, les Forces Majeures réunissent dans le splendide Hôtel Gallifet -siège de l’Institut Culturel Italien de Paris -des mécènes autour d’un concert exceptionnel réunissant Karine Deshayes, Raphaël Merlin et leurs amis musiciens. Rien que cette soirée permet à l’association de récolter plus de 5000 € et de tisser des liens avec les spectateurs.
 
 

PROGRAMME DU DISQUE

 

Gioachino Rossini (1792-1868)

 

  • Donna del Lago

    Air final d’Elena

    ♦ Tanti affetti in tal momento 6’34

     

    Otello

    Air et prière de Desdemone

    ♦ Assisa a piè d’un salice… Che Dissi… 7’36

    ♦ Deh calma, o ciel, nel sonno 2’01

     
    Cenerentola

    ♦ Temporale 2’31

    Air final d’Angelina

    ♦ Nacquiall’affanno 6’45

     
    Mélodie

    ♦ Nizza 2’03

    (orchestration Raphaël Merlin)

  • Mélodie

    ♦ L’âme délaissée 4’26

    (orchestration Raphaël Merlin)

     

    Cantate

    ♦ Giovanna d’Arco 16’

     

    Il Barbiere di Siviglia

    ♦ Temporale 2’53

    Air d’ouverture de Rosina

    ♦ Una voce poco fa 6’05

    Air de la leçon de musique

    ♦ Contro un cor 4’44

     
    Mélodie

    ♦ Canzonetta Spagnuola 3’30

    (orchestration Raphaël Merlin)

     
    Semiramide

    Air de Sémiramide

    ♦ Bel Raggiolusingher 7’50

 
 

Karine DESHAYES,

mezzo-soprano
 
 
Karine Deshayes intègre le Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, dans la classe de Mireille Alcantara, après avoir obtenu une licence de musicologie à la Sorbonne. Elle suit les master-classes de Régine Crespin, et rejoint la troupe de l’Opéra de Lyon où elle interprète, entre autres, les rôles de Cherubino (Les Noces de Figaro), Stephano (Roméo et Juliette) et Rosina (Le Barbier de Séville).Dès 2002, elle chante à l’Opéra National de Paris dans Rusalka, puis elle se produit au Festival de Salzbourg dans La Flûte enchantée (Deuxième Dame) sous la direction de Riccardo Muti, et, en 2006, elle fait ses débuts au Metropolitan de New-York dans le rôle de Siebel (Faust). Son répertoire comprend de nombreux rôles : les rôles-titres de La Cenerentola, Cendrillon, La Navarraise, Carmen, Elena (La Donna del Lago), Isolier (Le Comte Ory), Charlotte (Werther), Poppea (Le Couronnement de Poppée), Sesto (Giulio Cesare), Dorabella (Cosi fan tutte), Sesto (La Clémence de Titus), Fenena (Nabucco), Urbain (Les Huguenots), Nicklausse (Les Contes d’Hoffmann), Adalgisa (Norma), Isoletta (La Straniera) ou encore Roméo (I Capuleti e i Montecchi). Elle se produit sur les grandes scènes lyriques françaises et étrangères (Metropolitan Opera de New York, San Francisco, Teatro Real de Madrid, Liceu de Barcelone).Récemment, elle a chanté le rôle-titre de La Belle Hélène à Toulon, ainsi que La Cenerentola à l’Opéra de San Francisco et Nicklausse des Contes d’Hoffmann au Metropolitan Opera sous la direction de James Levine. Elle se produit également en récital et en concert, sous la direction d’Emmanuelle Haïm, Emmanuel Krivine, David Stern, Kurt Masur, Louis Langrée, Myun-Whun Chung et Josep Pons.Karine Deshayes a remporté le Premier Prix du Concours des Voix Nouvelles en 2002 et les Victoires de la Musique, catégorie artiste lyrique en 2011. Elle a enregistré de nombreux disques, dans des répertoires différents (Cantates romantiques françaises, La Bonne Chanson de Fauré, La Chanson d’Eve avec Hélène Lucas, Shéhérazade de Ravel).Projets : La Belle Hélène au Grand Théâtre de Tours, Elisabetta (Maria Stuarda) et le rôle-titre de Carmen à l’Opéra d’Avignon, Adalgisa (Norma) au Teatro Real de Madrid.